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La face cachée de la libération de la Normandie.

Il y a quatre-vingts ans, le 6 juin 1944, cent cinquante six mille soldats alliés débarquent sur les plages de Normandie, au petit matin, cent trente trois mille par la mer, et vingt trois mille par les airs. Ces hommes, au péril de leurs vies, viennent mettre fin à des années d'occupation allemande. Porte d'entrée pour la libération de la France, puis de l'Europe, la Normandie va subir pendant plusieurs semaines la célèbre "bataille de Normandie".

En ce début du mois de juin, les alliés débarquant, place à la joie des populations d'être libérées, même si la peur d'un retour des allemands persiste ! Nous avons tous pu voir de nombreuses photos, des unes de journaux, montrant des soldats alliés, des G.I chewing-gum à la bouche, enlacés et embrassés, accueillis en véritables héros.


Mais rapidement, un sentiment mitigé gagne les populations normandes. En effet, dès le 6 juin, jour du D-Day, des bombardements massifs s'abattent sur des zones stratégiques, notamment les voies de communications et les installations portuaires, afin de limiter la possibilité d'une riposte allemande. Tout au long de cette bataille de Normandie, des villes et villages sont également bombardés, certains rasés à plus de 95% comme Saint Lô (qui acquiert au passage le charmant surnom de "capitale des ruines"), avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer pour une population: morts, blessés et réfugiés. En quelques jours, les grandes villes de Basse Normandie: Caen, Lisieux, Falaise, Avranches, Vire, Alençon, ou encore Flers, sont réduites en cendres par les bombardements alliés. Le bilan est très lourd: vingt mille civils normands périssent, dont quatorze mille pour la seule "Basse Normandie", principalement sous les bombardements. Trois cent mille personnes sont sinistrées, et la plupart vont devoir s'installer dans habitations de fortunes, qui se transformeront en bidonvilles, attendant la reconstruction des années 50.


Après les bombardements et la prise des villes par les alliés, vient la cohabitation. Le ratio soldats / civils atteint le quatre pour un. Certains alliés, pour la plupart américains, sous l'emprise de l'alcool, frustrés sexuellement et avec une vision des femmes françaises qui leur ont été décrites comme "faciles" ou "libérées", se livrent à des viols, notamment des viols en réunion avec souvent des actes de barbaries associés. Peu de femmes osent les dénoncer, par peur de ne pas êtres crues, par loyauté envers ces hommes qui libéraient leur pays, ou tout simplement ne se sentant pas libres de se "plaindre" dans ce climat de liesse. Cependant, certaines victimes se décident à parler et les autorités américaines prennent la mesure des actes de leurs soldats, s'inquiétant de leur mauvaise réputation en France. Certains sont jugés et condamnés, parfois à la peine capitale, souvent par pendaison sur les places publiques. Ainsi, en octobre 1944, cent cinquante deux soldats ont été jugés pour le viol de femmes françaises par les autorités militaires. Ces jugements mettent en évidence un aspect sombre de l'histoire américaine: le racisme dans leur armée. En effet, la majorité des condamnés à mort sont des afro-américains : sur vingt et un condamnés à mort pour viol, dix-huit étaient afro-américains, alors même que ces derniers ne représentaient que 10% de l'effectif.


La libération de la Normandie ne prend réellement fin que début septembre 1944, quand la ville du Havre disparait sous douze mille tonnes de bombes...


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